Archives 2026
Open de Montréal 2026
Du 5 au 7 septembre 2026, au Collège Stanislas, à Outremont.

260
joueurs
6
sections
~500
personnes sur trois jours
166
photos
La fin de semaine, et ce qu'elle a prouvé
Le vendredi soir, vers 21 h, j'ai eu une pensée un peu absurde : « Et si personne ne venait ? » Le samedi à 9 h, 260 joueurs étaient assis devant leur échiquier. Dans les couloirs : leurs parents, leurs frères et soeurs, leurs grands-parents, leurs entraîneurs, et au moins un chien qui n'avait rien demandé à personne. Près de 500 personnes sur trois jours.
C'est exactement pour ça qu'on fait ça. Un enfant de huit ans et un maître international qui se croisent dans le même escalier, sans que personne ne panique. Des gamins qui battent des adultes qui avaient l'air très sûrs d'eux à 9 h. Un jeune qui regarde la table 1 et qui se dit « moi aussi ». C'est là que commencent les carrières.
Sur les premières tables, un silence de cathédrale. Juste derrière la porte, une petite foule qui chuchote et refait le monde. Et à la fin : des trophées, un micro, des mains qui tremblent, des photos avec des pièces géantes. Les échecs n'ont pas besoin d'être expliqués pour être spectaculaires. Ils ont besoin d'être montrés.
Pour une génération qu'on dit incapable de lâcher son téléphone plus de trente secondes : 260 personnes ont posé le leur pendant toute une fin de semaine. Volontairement. Pour un jeu vieux de 1 500 ans. Si vous cherchez de l'attention réelle, elle était dans cette salle.
J'avais préparé une ligne pour le micro. Chaque année, Montréal déroule le tapis pour la Formule 1 : des voitures, du bruit, une ville qui s'arrête. Et à l'arrivée, qu'est-ce qu'on agite ? Un damier. Le drapeau à damier, c'est notre échiquier. Ils nous ont volé notre drapeau. On aimerait juste récupérer la fin de semaine qui va avec.
Le reste ressemblait à un épisode de Community : des étudiants en pleine campagne électorale, un organisateur qui court partout avec des rallonges, un grand maître qui cherche du lait d'avoine, et deux sandwichs strictement identiques dont personne n'a jamais su lequel était au poulet. Plusieurs joueurs ont mangé les deux par prudence.
Rien de tout ça ne tient debout sans le cadre. Le Collège Stanislas nous a donné l'impression d'être chez nous, pas d'être tolérés dans un gymnase. Le personnel, la sécurité, les élèves, l'Association étudiante, le café Prospero, les bénévoles : ils ont rendu simple ce qui aurait pu être compliqué. Une image sans cadre finit par se froisser.
Il y a eu des accrocs, et vous les avez vus. On les a notés. Mais c'était le premier grand tournoi propulsé par ChessPass, notre plateforme maison : inscriptions, cotes, appariements, résultats en direct, remboursements automatiques. Tout ça tournait sous le capot pendant que vous jouiez dessus. On sait exécuter, et on a maintenant les outils pour recommencer plus grand.
Construire quelque chose qui reste
Chez Blitz Bishops, on a une idée un peu folle : faire de Montréal une ville où les meilleurs joueurs du monde viennent jouer régulièrement, où le Québec produit des grands maîtres plus d'une fois par décennie, et où les échecs servent avant tout à se faire de vrais amis. Cette fin de semaine n'était pas un point d'arrivée. C'était un premier coup. Ça ne se fera pas sans du monde qui a du skin in the game.
Commanditer la prochaine édition




































































































































































